Une santé de fer
Pendant votre grossesse, le fer est, plus que jamais, un métal plus précieux que l’or ! Il est le principal constituant de l’hémoglobine qui permet à vos globules rouges d’apporter l’oxygène indispensable aux cellules de votre corps et de votre bébé.
Qu’il en manque, et voilà l’anémie, la fatigue, la diminution des performances intellectuelles, vous voilà plus sensible aux infections, et voilà de gros risques pour votre grossesse et votre bébé : prématurité, petit poids de naissance, problèmes de santé de votre bébé à sa naissance, et complications pour vous en cas d’hémorragie de la délivrance. A l’inverse, un excès de fer peut également causer des problèmes de santé par la production des radicaux libres, néfastes pour des organes comme le foie, le cœur, ou le pancréas.
Mangez de la viande !
Le fer contenu dans les produits animaux (viande et poisson) est beaucoup mieux absorbé que le fer contenu dans les épinards, les autres légumes, ou les œufs. Alors c’est tout vu ! Mieux vaut ne pas se passer de viande pendant votre grossesse

Le bon filon
Vos besoins en fer vont passer de 16mg/jour avant votre grossesse, à 20 mg/jour, voire 30 mg/jour au troisième trimestre, pour faire face à vos besoins et à ceux de votre bébé en construction. En pratique, compte tenu du fait que tout le fer que vous mangez n’est pas totalement absorbé, mais que votre grossesse augmente votre absorption du fer (encore une magie de la Nature !), le compte sera bon avec des apports de 20 à 50 mg de fer par jour au minimum (si vous n’êtes pas en déficience de fer ou en carence). Cela peut être difficile à atteindre selon vos habitudes alimentaires, ou par souci de poids, mais c’est faisable avec une alimentation variée n’excluant pas les viandes et d’un niveau de calories supérieur à 2000 kcal par jour.
Pour vous faire une idée :
• Au petit-déjeuner : 10-12 cuillères à soupe de céréales enrichies en fer avec du lait et un fruit entier ou pressé équivalent environ 5-7 mg de fer. 2 cuillères à café de germe de blé ou de levure apportent un bonus de 1 mg de fer, et 2 cuillères à café de cacao en poudre sans sucre également.
• Au déjeuner et au dîner : Privilégiez les viandes riches en fer : une part de 150 g de viande rouge, grande comme votre main, apporte environ 7mg de fer, une part de boudin noir 17 mg (une fois par semaine si vous craignez les calories), une tranche de 150 g de foie de veau mais seulement de temps à autre, pour éviter l’excès de Vitamine A déconseillée durant la grossesse, apporte 12 mg de fer. Sachez aussi qu’un demi-pigeon, si vous avez l’occasion d’un repas marocain avec une pastilla au pigeon par exemple, apporte entre 20 et 30 mg de fer. Le poisson, également riche en acides gras essentiels, et la volaille sans peau, sont moins gras, mais moins riches en fer : une part de 150g de viande blanche apporte 3 mg de fer, une portion de 200g de poisson environ 2 mg (4 mg pour le bar). Une bonne idée est d’associer des légumes secs (haricots, pois, pois chiches ou lentilles sèches) aux viandes les moins riches en fer pour faire bonne mesure : une belle assiette pour environ 4 à 6 mg de fer. Ou encore des épinards, une assiette de 200g pour 5mg de fer, ou d’autres légumes pour 0,5 à 2 mg de fer. Un bonus de 1 mg de fer si vous ajoutez 2 cuillères à café de levure ou de germe de blé dans vos crudités. Sans oublier un fruit pour la vitamine C qui participe à l’absorption du fer. Donnez-vous de la souplesse et variez les sources de fer, pour tirer les avantages de tous les aliments.
La juste dose
Dans certains cas, votre médecin préfèrera peut-être vous donner un complément en fer, en vous prescrivant des médicaments. Surtout si vous êtes une très jeune maman, ou si vous enchaînez des grossesses rapprochées, ou si vous attendez des jumeaux, triplés ou plus, ou si votre alimentation est visiblement carencée en fer (alimentation inférieure à 2000 kcal/jour, végétarisme, milieux défavorisés), ou bien encore si vos examens de sang révèlent une anémie ou une carence en fer. Ce n’est pas rare : la récente étude Suvimax* révèle que 23% des femmes en âge de procréer sont carencées en fer. En dehors de ces situations, il n’y a aucune justification à une supplémentation en fer.
*(D’après Galan et al. 1997, Facteurs déterminant le statut en fer des femmes adultes de l’étude SU.VI.MAX, Eur J Clin Nutr. 1998)
