être ou ne pas être…mère
Vous vous posez des questions sur vos capacités à être mère, c’est normal !
Il se passe quelque chose de nouveau, d’inconnu, d’important dans votre vie !
Et d’un point de vue physiologique, vous vous trouvez en plein bouleversement hormonal : des taux importants d’œstrogènes, de progestérone, et d’hormone HCG (Human Chorionic Gonadotropin ou gonadotrophine chorionique humaine, fabriquée par l’embryon puis le placenta) sont nécessaires à la nidation puis au maintien de la grossesse et à son développement. Toutes ces hormones ont également un effet sur votre psychisme, et peuvent causer : anxiété, nervosité, dépression ou excitation, sautes d’humeur, manque de concentration, somnolence, et fatigue contre lesquels vous devrez parfois vous faire violence pour assumer votre quotidien. Autant de symptômes que l'on retrouve même dans les grossesses les plus normales, et qui s’estompent en général à partir du deuxième trimestre.
Du rêve à la réalité
D’un point de vue psychologique, c’est une évidence, les relations mère-enfant commencent bien avant la conception, dans l’imaginaire. Petite fille, vous avez joué à la poupée ; jeune femme, vous avez songé à l’enfant que vous auriez.
Peu à peu, vous avez fait votre chemin et la rencontre avec le futur papa a peut-être également cristallisé cette pensée. Aujourd’hui, vous portez le fruit de votre amour. Vous allez le sentir bouger, grandir, réagir. Il modifie déjà votre intimité la plus profonde, et pourtant vous ne savez pas encore qui il est. Vous vous imaginez un visage, un caractère, une personne… Vous allez bientôt deviner son image à l’échographie, vous connaîtrez son sexe si vous le demandez, mais le mystère restera entier durant 9 mois, jusqu’au jour de la naissance de votre bébé! Durant tout ce temps, vous aurez le temps de vous poser des questions, et entre autres vous pourrez vous demander si vous serez une bonne mère. Cela veut dire que vous êtes en train de vous définir en tant que mère.

Et le papa dans tout ça ?
La grossesse est un temps physiologique inéluctable, mais également un temps d’incubation psychologique et d’élaboration imaginaire de votre enfant. N’ayez pas peur de vos pensées, elles permettent votre cheminement de mère et de futur parent. C’est une période de rêves, de fantasmes, de merveilleux, mais parfois aussi d’angoisses et de cauchemars qui ne sont que l’expression de ce que vous vivez, de cette rupture avec le passé et d’un certain prolongement dans le futur.
N’oubliez pas non plus que si votre imaginaire va être aidé par vos sensations physiques durant votre grossesse, le papa, lui, n’a que son imaginaire pour devenir père. Et s’il peut vivre dans le bonheur la perspective d’une descendance et prendre plaisir à voir votre ventre et vos seins s’épanouir, il peut aussi avoir du mal à s’adapter à la grossesse. Il vous voit changer, vous perçoit plus fragile, peut-être plus sacrée, et il se peut qu’il se sente démuni face à ces changements, qu’il ait moins d’appétit sexuel, ou encore qu’il perçoive le bébé comme un intrus dans votre intimité. La remise en question du papa n’est pas forcément facile à vivre. Avec un premier enfant, il devient père et l’égal de son propre père. Ce déplacement dans l’arbre généalogique a valeur pour lui d’une responsabilité sociale nouvelle et définitive. Il est donc normal que les sentiments d’un futur père puissent être teintés d’ambivalence. Il n’y a pas de règle : certains hommes se sentiront père dès le moment de la conception, d’autre lors de la première rencontre à l’échographie, d’autres le jour où leur main posée sur votre ventre percevra les premiers mouvements du bébé, d’autres au moment où ils plongeront leur regard dans les yeux de leur bébé à la naissance, …
9 mois pour se préparer
Pour votre part, si vous vous demandez encore si vous êtes prête ou pas, dites-vous que si vous avez pu être enceinte, il ne vous manque plus grand-chose pour vous préparer à être mère. Votre instinct maternel ne demande qu’à s’exprimer, et le temps que la nature a voulu pour la grossesse lui servira à s’épanouir. Mettez donc ces neuf mois à profit dès maintenant, en vivant pleinement le présent de toutes les manières possibles : c’est votre temps à vous, à vous deux, et même à vous trois.
Vous allez, comme le papa, chacun à son rythme, chacun à sa façon, apprendre à devenir parents. N’hésitez pas à en parler ensemble. Ne vous renfermez pas sur vous-même, essayez d’en parler avec votre entourage le plus proche ou avec votre médecin. Et conservez un peu d’activité physique adaptée à votre état, cela vous fera le plus grand bien.
