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Je veux en savoir plus sur mon suivi médical

« Quand faire appel au médecin entre deux consultations ? Comment fait-on une échographie ? Comment l’image d’une échographie est-elle reconstituée ? Qu’est-ce que le caryotype, l’amniocentèse ? Que retirer de positif dans cet examen inquiétant ? Qu’est-ce que l’amnioscopie, le monitoring fœtal ? »

Suivie de près

Fort heureusement, la plupart des grossesses se déroulent sans problème.
Les sept consultations mensuelles obligatoires suffisent à en assurer le suivi. Elles sont l’occasion pour le médecin de vérifier la croissance de votre bébé, votre adaptation à votre nouvel état, et pour vous de poser toutes les questions qui vous préoccupent. Mais en cas d’incident entre deux consultations programmées, il ne faut pas hésiter à contacter votre médecin : en cas de fièvre, de douleur abdominale, de perte de sang ou de pertes anormales, en cas de prise de poids rapide et brutale, de perte de poids, et devant tout symptôme qui vous inquiète et qui perdure malgré les conseils de votre médecin (voir les fiches du dossier « Mon corps change »). Parfois un simple contact téléphonique peut suffire à gérer un événement, parfois votre médecin préfèrera vous examiner. N’ayez pas d’inquiétude, vous n’êtes pas seule. La grossesse n’est pas une maladie, mais sa surveillance médicale permet de repérer les cas de grossesses à risque où la vigilance doit être accrue pour assurer une arrivée à terme dans de bonnes conditions.

Echographie 2D, 3D ou 4D ?

En plus du planning de ces visites médicales, vous passerez également une première échographie au 3ème mois (entre la 10ème et la 11ème semaine de grossesse), une seconde au 5ème  mois (entre la 20ème et la 22ème semaine de grossesse), et une troisième entre la fin du 7ème mois et le début du 8ème mois (entre la 30ème et la 32ème semaine de grossesse), toutes trois prises en charge par la Sécurité Sociale.
Cet examen consiste à visualiser le contenu intra-abdominal en particulier votre bébé, le placenta, l’utérus, les trompes et les ovaires, à l’aide d’ultra-sons émis par une sonde. Ces ultra-sons rebondissent en écho sur les obstacles formés par les différents tissus rencontrés sur leur trajectoire, et le retour est capté par la sonde et reconstitué informatiquement en images. L’échographie 2D rend une image plate en deux dimensions. L’échographie 3D reconstitue une visualisation en trois dimensions à partir des différents axes d’émissions de la sonde, et l’échographie 4D reconstitue une image 3D en mouvement. Si vous désirez passer une échographie 4D, prenez rendez-vous assez tôt car cette technologie est très prisée.

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A chaque échographie son rôle

La première échographie permet de dater avec précision le début de la grossesse, au cas où vous auriez un doute sur le jour de la conception. A ce terme, votre bébé est encore très petit (à peine une dizaine de centimètres), et vous ne verrez pas forcément grand chose, mais lors de cette première rencontre de visu avec votre bébé, vous verrez son cœur battre avec émotion ! Vous saurez également si vous attendez un seul bébé ou des jumeaux, et dans ce cas, si vous portez de vrais ou de faux jumeaux. De même si vous attendez plus de deux bébés.
La deuxième échographie sera plus parlante pour vous. A ce stade, votre bébé mesure entre 22 et 26 cm. C’est peut-être le moment le plus magique de votre grossesse, car vous verrez alors très bien le visage de votre bébé, son corps, ses membres, ses petites mains et ses petits pieds… Vous le surprendrez peut-être en train de sucer son pouce, et vous pourrez peut-être connaître son sexe si la position de votre enfant le permet et si vous le souhaitez. Elle permettra au médecin d’examiner de façon détaillée votre bébé. Ne vous inquiétez pas si votre médecin demande à ce que vous ayez une autre échographie de contrôle, car votre bébé est peut-être tourné de façon à cacher des parties importantes que l’on doit vérifier à ce terme.
La troisième échographie permet au médecin de mesurer le développement de votre bébé, et de vérifier à nouveau les structures physiques de votre bébé qui auront encore évolué depuis la deuxième échographie. Elle permet de voir l’emplacement du placenta, et la présentation de votre bébé, le plus souvent en siège, qui n’est pas encore forcément définitive à ce stade. Vous ne verrez pas votre bébé dans son entier lors de cette échographie, car il sera alors trop grand (une quarantaine de centimètres de long).

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On m’a proposé puis prescrit une amniocentèse

L’amniocentèse est un examen que votre médecin est susceptible de vous recommander à 11-12 semaines de grossesse dans certains cas : si vous êtes âgée de 38 ans ou plus, si vous avez des antécédents de maladie génétique dans la famille (comme la trisomie 21 par exemple), et parfois à la suite de doutes lors de la première échographie ou d’un examen sanguin appelé HT21. Elle permet entre autres de faire un diagnostic avec certitude, en ce qui concerne les maladies génétiques.
L’amniocentèse consiste à prélever une petite quantité de liquide amniotique à l’aide d’une seringue et d’une aiguille spéciale, à travers la paroi abdominale et utérine, sous visualisation échographique, afin d’obtenir des cellules desquamées du bébé en suspension dans le liquide. Ces cellules sont mises en culture – ce qui explique les délais -, préparées puis examinées au microscope. C’est un examen généralement inquiétant pour la maman, mais qui est quasiment indolore, et bien réalisé par un médecin expérimenté. Le niveau de fausse-couche spontanée suite à la ponction atteint à peine 1%.
L’amniocentèse est toujours un moment de grande angoisse pour toutes les mères qui doivent la subir. Non seulement par le risque de fausse-couche, mais aussi par la résurgence de l’inquiétude de porter un enfant qui n’est pas normal. Si vous devez subir cet examen, tâchez autant que possible, de relativiser votre peur. L’amniocentèse vous a été recommandée parce qu’elle est un moyen de détecter une anomalie chromosomique, et vous permet de prendre la décision de ne pas poursuivre votre grossesse éventuellement. Donner naissance à un enfant différent peut-être difficile à assumer au quotidien tout au long de sa vie, et l’état actuel de la science permet aujourd’hui d’épargner cette épreuve à la famille. Mais selon vos convictions personnelles, vous pouvez décider que quel que soit son état de santé, vous vous occuperez de votre enfant, et il est alors possible de refuser l’amniocentèse.
La décision contraire est un cheminement difficile, car tout parent se projette forcément dans une image idéale d’enfant, à l’annonce de la grossesse. Cette étape, bien qu’éprouvante lorsqu’elle se présente, permet de faire le point sur certaines réalités, et fort heureusement les résultats sont le plus souvent rassurants. Quoiqu’il en soit, si l’éventualité se présente, n’hésitez pas à vous ouvrir à votre conjoint, votre médecin ou votre sage-femme, et de vous faire entourer et accompagner, car les délais d’attente des résultats pourront vous paraître très longs à vivre.
L’amnioscopie et le monitoring fœtal sont des examens que l’on pourra vous proposer en fin de grossesse. L’amnioscopie est une technique de visualisation de la poche placentaire, qui permet, en passant en tube à travers l’orifice du col utérin, de vérifier la couleur et l’aspect du liquide amniotique. On détecte ainsi d’éventuels signes de souffrance fœtale qui nécessiteraient de déclencher l’accouchement. De même, le monitoring fœtal, donne les mêmes informations en mesurant la fréquence cardiaque du bébé et ses réactions aux contractions.  Ces examens permettent de vérifier que le bébé peut encore rester au chaud en attendant la survenue naturelle de l’accouchement sans risque.

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Un test pour le dépistage du diabète

Au 4ème mois de grossesse, votre médecin analysera vos risques de diabète gestationnel (voir la fiche « J'ai un diabète gestationnel »). Le mode de test varie d’un médecin à l’autre, il pourra par exemple vous prescrire le test d’O’ Sullivan. Ce dernier consiste en une prise de sang permettant de mesurer la glycémie (le taux de sucre dans le sang) à jeun, puis à nouveau une heure après l’ingestion de 50g de glucose. En cas de doute sur le résultat, il faudra vérifier par un examen « d’hyperglycémie provoquée par voie orale », qui consiste en une prise de sang à jeun suivie de 4 autres prises de sang toutes les demi-heures après l’ingestion de 75g de glucose. Selon les résultats, un simple accompagnement nutritionnel peut vous être recommandé, ou bien le traitement d’un diabète gestationnel peut être mis en place.

Et les autres examens ?

Lors de la première consultation obligatoire de grossesse, une prise de sang permettra de connaître votre état d’immunisation vis-à-vis de la rubéole, de la toxoplasmose, de la syphilis, des globules rouges (recherches d'agglutinines irrégulières), du cytomégalovirus, la détermination de votre groupe sanguin et rhésus, et si vous êtes consentante, de votre statut sérologique vis à vis du virus du sida (VIH).
Si vous êtes de groupe sanguin négatif et si votre bébé est de groupe positif (on ne le saura qu'à la naissance), vous pouvez fabriquer des anticorps contre le sang de votre bébé. La connaissance dès le début de votre grossesse de votre groupe sanguin permettra, s'il y a lieu, de vous donner un sérum anti-D pour éviter toute immunisation.
La recherche d'agglutinines irrégulières (RAI) permet de savoir si vous vous êtes déjà immunisée contre les éléments du sang de votre bébé lors d'une grossesse précédente, d’une fausse couche, d’une IVG ou d’une transfusion. Elles sont positives si c'est le cas et donneront lieu à une surveillance particulière de votre bébé quand vous accoucherez.
La syphilis, la toxoplasmose et la rubéole sont toutes des maladies qui, si elles sont contractées pendant la grossesse, peuvent entraîner des malformations fœtales. Il est par conséquent nécessaire de savoir si vous ne les avez pas en début de grossesse, ou si votre immunisation est ancienne (voir la fiche « Suis-je plus fragile », concernant les précautions à prendre vis-à-vis des infections durant la grossesse).
Une recherche du VIH et des antigènes de l'hépatite B et C est très souvent prescrite. Elle est notamment utile si vous avez déjà été transfusée.

Tout pour une grossesse sereine

Enfin, parmi les autres examens que vous aurez à passer, outre des analyses d’urine à la recherche de glucose pour détecter un éventuel diabète, et à la recherche d’albumine pour repérer un mauvais fonctionnement de vos reins, on recherchera à nouveau des anticorps contre la toxoplasmose si vous n’êtes pas immunisée, de même que l’antigène HBs concernant l’hépatite B, une numération sanguine, voire un dosage du fer, à la recherche d’une éventuelle anémie, afin de prendre les mesures préventives nécessaires (surveillance, vaccination contre l’hépatite B, prescription de fer à prendre en comprimés…).
Vous le voyez, des précautions sont prises et planifiées pour détecter au plus tôt et prévenir un éventuel problème, afin que votre grossesse puisse être menée à son terme dans de bonnes conditions.

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