Le dégoût, un reflexe de survie
C’est l’afflux des hormones (œstrogène et progestérone) qui est généralement en cause dans les nausées et les vomissements de votre grossesse. Il va vous falloir un temps d’adaptation ! Et en plus, votre odorat se trouve exacerbé sous leur effet, et vous percevez les odeurs de façon démultipliée. Les effluves des aliments que vous appréciiez auparavant, et même le parfum que vous adoriez porter peuvent vous faire horreur maintenant !
Ces changements dans la perception olfactive sont certainement un vieux reste de l’évolution des espèces. Chez l’animal, ce sont les odeurs qui permettent de détecter les aliments avariés et toxiques, et d’éviter les dangers d’empoisonnement. Vous ne faites pas exception au règne animal : vous aussi, la nature vous a dotée de moyens de préserver votre espèce.
Mais c’est vrai, ce n’est pas juste : toutes les femmes ne sont pas égales face aux hormones. Les rares chanceuses auront peu, voire pas de nausées. Mais la plupart des femmes en connaîtront au début de leur grossesse, et ce sera même un moyen pour elles de soupçonner qu’elles sont enceintes. Certaines seront gênées par leurs nausées durant tout le premier trimestre, voire même au-delà. Apparemment, cela dépend des taux d’hormone et de la sensibilité de chacune aux hormones. Le stress et l’anxiété jouent également un rôle dans cette sensibilité.
De plus, à la période d’adaptation aux hormones peuvent s’ajouter une réaction à l’hypoglycémie et le ralentissement du système digestif sous l’influence de la progestérone. Vous ne supportez donc plus très bien les états de jeûne, comme au réveil, ni les gros repas riches en graisses.
Heureusement, il est possible de ruser !
Ne désespérez pas, des petites astuces vous procureront une parade à votre état nauséeux.
Commencez la journée par un petit déjeuner riche en glucides complexes, pour aider à pallier le long jeûne de la nuit, et n’hésitez pas à vous cocooner en le prenant au lit si vous avez des vertiges.
Répartissez votre alimentation en plusieurs repas dans la journée : le petit déjeuner, le déjeuner, et le dîner, plus une collation à 10h, une à 16h, et éventuellement une avant de vous coucher, pour affronter le jeûne de la nuit,
ou si vous vomissez beaucoup.
Préférez fractionner vos repas en petits volumes, et, que vous mangiez chez vous ou à l’extérieur, évitez les aliments gras, plus lourds à digérer.
Prenez vos repas dans le calme, et arrangez-vous pour vous reposer un peu après manger, dans la mesure du possible, pendant un quart d’heure.
Repérez les aliments et les odeurs qui provoquent des nausées chez vous, et évitez-les temporairement. Ce seront le plus souvent des aliments acides, certaines épices, certains condiments… En attendant que les nausées soient moins présentes, vous remplacerez les aliments que vous ne supportez pas par d’autres de même valeur nutritionnelle (1 bol de lait peut être par exemple remplacé par 2 yaourts, ou 8 cuillères à soupe de fromage blanc que vous pouvez agrémenter de quelques morceaux de fruits). Si vous ne supportez plus l’odeur du lait chaud, essayez de le boire froid, ce sera peut-être différent.
Enfin, pensez à boire suffisamment d’eau, 1,5 à 2 litres d’eau, surtout si vous vomissez beaucoup, pour éviter la déshydratation.
Et puis, si avec ces petits aménagements, les nausées ne passent toujours pas, parlez-en vite à votre médecin. Essayez de vous détendre et de ne pas trop vous focaliser sur ces affreuses nausées, reposez-vous autant que possible, et prenez de la distance par rapport aux sources de stress. Ce n’est pas facile de se mettre du jour au lendemain dans la peau d’une femme enceinte, et vous avez peut-être tendance à rester une « superwoman », mais dites-vous ce que vous êtes en train de faire, donner à votre tour la vie à un petit bébé, surpasse de loin tous les exploits.
