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Comment s'alimenter pour allaiter ?

« Je vais allaiter mon bébé, dois-je prévoir une alimentation particulière durant mon allaitement ? Y a-t-il des aliments à éviter ? Y a-t-il des trucs pour avoir beaucoup de lait pour mon bébé ? Vais-je pouvoir perdre du poids dès que j’aurai accouché sans risque pour mon projet d’allaitement ? »

Une seule règle : des repas équilibrés

Il n’y a pas de « régime » particulier pour allaiter. Dans la plupart des cas, la grossesse aura été l’occasion de faire le point sur son mode alimentaire, et même si toutes les futures mamans n’ont pas radicalement changé leur alimentation, elles auront corrigé quelques habitudes alimentaires pour apporter un bon capital santé à leur bébé, et préserver leur forme durant la grossesse. En poursuivant sur cette lancée, vous aurez donc tout ce qu’il faut pour allaiter votre bébé.
Continuez de manger équilibré et varié, en incluant 5 fruits et légumes par jour dans vos repas et collations, pour les vitamines et les sels minéraux, et hydratez-vous suffisamment en buvant 1,5 à 2 litres d’eau par jour surtout lorsqu’il fait chaud.

Si je mange mal, lui aussi ?

Des études récentes* ont montré que votre lait reste de bonne qualité pour votre bébé même si vous ne vous alimentez pas très bien. En fait, c’est plutôt au niveau de votre santé et de votre forme que se situe l’intérêt de suivre une bonne alimentation. Vous avez besoin de récupérer de la fatigue de l’accouchement afin de pouvoir vous occuper de votre bébé, et il se peut que la fatigue engendre un état de stress qui diminue votre lactation.
Par ailleurs, votre organisme aura besoin de renouveler le calcium pour préserver votre capital osseux, le fer pour vous préserver des carences, les protéines, et tous les autres nutriments que vous allez transmettre à votre bébé dans votre lait, à un niveau qui sera le même que durant votre grossesse (voir les fiches correspondantes dans le dossier « Ma grossesse par le menu »).
Mais inutile de vous gaver de lait pour en produire, cela ne sert à rien, mais c’est plutôt une hydratation correcte qui aura une influence.
Pour éviter fatigue et coups de pompe qui risqueraient de vous faire grignoter, conservez un apport suffisant de glucides complexes, en consommant du pain accompagné par exemple de miel ou de confiture ou des céréales au petit déjeuner, et des pâtes, du riz, des pommes de terre, ou des légumes secs au déjeuner et au dîner. Vous disposerez ainsi d’une source d’énergie continue toute la journée. Vous pouvez aussi fractionner votre alimentation en mettant votre dessert de côté pour vous offrir une collation après la tétée, et ne sautez pas le petit déjeuner, même si votre bébé bouleverse votre rythme.

* Source : L'art de l'allaitement maternel, chapitre 12 sur le site de la Leche League

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Vos réserves sont là pour ça

Il n’est pas nécessaire pour toutes les femmes qui allaitent de manger davantage durant l’allaitement, car vos réserves peuvent suffire, si vous vous êtes alimentée correctement durant votre grossesse. (Voir aussi « Les besoins énergétiques de votre grossesse » et « Ma prise de poids ») Dans ces cas, vous pouvez vous contenter de poursuivre les habitudes que vous avez prises durant votre grossesse, tant au plan quantitatif que qualitatif. Il est habituel de conseiller 500 calories supplémentaires par rapport à l’apport calorique conseillé avant la grossesse. Cependant, il se peut que ce soit trop pour certains et trop peu pour d’autres, celles qui manquent de réserves notamment.
On dit qu’allaiter son enfant permet de perdre du poids. C’est vrai, puisque sous l’influence de vos hormones, votre corps a mis en réserve 3 à 4 kg de graisse en vue de l’allaitement, et c’est ce stock que vous allez perdre progressivement tout au long de votre période d’allaitement, par le fait de produire du lait et d’utiliser les graisses nécessaires à la composition du lait.
De plus, votre organisme fonctionne encore en mode « dépense », comme celui du sportif, et votre corps a besoin de récupérer de la fatigue de l’accouchement. Sachez être patiente !

Bébé a du goût

Et que faut-il penser de toutes les idées qui tournent traditionnellement autour de l’alimentation de la femme qui allaite ? Si vous avez mangé de tout durant votre grossesse, vous pouvez continuer : le chou, l’asperge, l’ail, l’oignon, le poireau, et certaines épices, réputés pour donner « un goût » au lait ne gêneront pas votre bébé, puisqu’il les connaît déjà ! Votre liquide amniotique en était imprégné ! Vos habitudes et votre culture se transmettaient déjà à votre bébé durant votre grossesse, et cela continue par le biais de votre lait. Vous faites déjà l’éducation gustative de votre bébé in utero.

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Trucs et astuces pour plus de lait

En ce qui concerne ce qui peut améliorer votre lactation, il existe un grand nombre de remèdes de grand-mères. Le fenouil, sous forme de tisane, le malt d’orge et le houblon sous forme de bière sans alcool, l’ortie blanche, la coriandre, l’anis vert, l’aneth, le basilic, la verveine, les lentilles ou encore le quinoa ont la réputation d’augmenter la lactation. Vous pouvez essayer, un grand nombre de mamans témoignent de leur efficacité, mais sachez qu’il n’y a pas de preuve scientifique. N’abusez toutefois de rien, car les plantes contiennent des produits actifs, qui à haute dose peuvent être dangereuses pour votre bébé. Ce qui est certain, c’est que pour favoriser votre production de lait, il faut boire suffisamment, 1,5 à 2 litres par jour, essentiellement de l’eau, vous reposer entre deux tétées pendant que votre bébé dort, et surtout le faire téter, car la stimulation de vos mamelons provoque la fabrication du lait. Il est même possible, en plus des tétées de votre bébé, de tirer votre lait à l’aide d’un tire-lait pour amorcer ce processus, gardez alors le lait obtenu au congélateur pour vos absences. Mais attention, renseignez-vous au préalable des conditions de tirage et de conservation du lait.
Enfin, méfiez-vous des toxiques qui peuvent passer dans votre lait : la caféine, l’alcool, la nicotine, les médicaments, les pesticides dans la peau des fruits. Surtout, ne pratiquez pas l’automédication, et lavez bien vos fruits et légumes.
Profitez de la merveilleuse aventure que vous commencez avec votre bébé. Elle est enrichissante sur tous les plans, et ne va cesser de l’être. D’ailleurs, très souvent, la grossesse et l’allaitement sont une période de déclic où la jeune maman prend conscience que la santé rime avec alimentation, et où l’esprit de prévention prend toute sa dimension. De nombreuses maman témoignent qu’elles ont appris, ou réappris à manger, et même faire leur marché et à cuisiner depuis leur grossesse.

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